Le harcèlement scolaire est devenu une réalité aujourd’hui. Prévenir et combattre le harcèlement scolaire nécessite une action collective, cohérente et durable. C’est ainsi qu’en 2021 a été créé le dispositif Phare, aujourd’hui déployé dans les écoles, collèges et lycée.
En plaçant l’éducation et la prévention au cœur de ses priorités, ce programme ambitionne de créer un environnement scolaire protecteur capable de repérer et de traiter efficacement les situations de harcèlement. Il associe pleinement les parents, les partenaires éducatifs et les instances de la démocratie scolaire, afin de construire une communauté solidaire et responsable autour des élèves. C’est dans cette initiative que s’inscrit le concours “Non au harcèlement”. Une action éducative nationale qui s’adresse aux élèves des établissements scolaires. Son objectif est de prévenir et de lutter contre le harcèlement à l’école. Les élèves doivent créer une affiche ou une vidéo de sensibilisation afin d’encourager l’entraide, le respect et la parole.
En décembre 2025, le Collège Pierre de Ronsard de Poitiers a fait appel à KuriOz pour accompagner 8 jeunes ambassadeur·ices à découvrir leur rôle et à participer au concours “Non au harcèlement”.
Un accompagnement en 3 temps
Pour accompagner au mieux les élèves, plusieurs moyens pédagogiques ont été mis en place.
Séance 1 – sensibilisation au harcèlement
La première séance était consacrée à la sensibilisation au harcèlement et à la découverte du rôle d’ambassadeur·ice. Elle a débuté par un jeu de « Brise-glace », permettant aux élèves de mieux se connaître et d’instaurer un climat de confiance.
Le jeu de « L’impact et tremblements » a ensuite servi d’introduction à la thématique du harcèlement, notamment à travers la matérialisation de la rumeur. Les élèves ont ainsi pu prendre conscience de la rapidité avec laquelle une information se transforme et se propage, ainsi que des conséquences possibles. Il a permis d’illustrer concrètement l’effet de groupe et l’amplification des comportements. En reproduisant tous un même geste de manière exagérée, les élèves ont observé comment une action collective peut renforcer une situation, à l’image de la propagation d’une rumeur ou d’un comportement harcelant.
L’un des objectifs de cette séance est d’amener les élèves à expérimenter et ressentir l’empathie. Ce travail s’est notamment appuyé sur le « jeu de l’exception ». À travers une mécanique non verbale et la création d’un groupe sans paroles, les élèves ont expérimenté les émotions liées au fait de se sentir mis à l’écart. Cette activité a permis de mettre en lumière le besoin fondamental d’appartenance, ainsi que les ressentis liés à l’isolement. Par un temps d’échange, les élèves ont pu verbaliser et analyser les mécanismes à l’exclusion.
Ces activités ont été suivies d’un brainstorming collectif autour du harcèlement scolaire. Les élèves ont pu exprimer leurs représentations, leurs expériences et leurs questionnements. La présentation du harcèlomètre a permis de montrer que chacun·e peut percevoir et ressentir une situation différemment, et qu’un comportement jugé anodin par certain·es peut être vécu comme violent par d’autres.
Enfin, l’activité « Harcelkido » a permis de préparer les élèves à réagir de manière adaptée face à une situation de harcèlement. En tant qu’ambassadeur·ices, iels ont appris à alerter efficacement, à adopter une posture responsable et à orienter les victimes vers les adultes et les dispositifs appropriés.
Séance 2 – le concours : objectifs, contraintes, format attendu
Pour la deuxième séance, nous avons commencé par expliquer aux élèves les règles du concours et leur montrer quelques vidéos des années précédentes, afin qu’iels puissent se faire une idée concrète du type de réalisation attendue. Cela leur a permis de comprendre les objectifs, les contraintes et le format attendu.
Une fois les règles bien assimilées, nous leur avons demandé de choisir le format de leur création : affiche ou vidéo. Les élèves ont choisi de se lancer dans la réalisation d’une vidéo. Nous avons alors amorcé une première réflexion collective sur leur projet, en les invitant à partager leur vision : le message qu’iels souhaitaient faire passer, les émotions à transmettre et les idées principales.
Ensuite, les élèves ont travaillé par petits groupes pour construire le scénario et organiser la structure de la vidéo, en veillant à ne pas dépasser deux minutes. Très investi·es, iels ont rapidement proposé de nombreuses idées originales et pertinentes. Nous leur avons laissé la liberté de réfléchir et de laisser s’exprimer leur créativité.
À la fin de la séance, le scénario était entièrement défini : chaque scène était planifiée et chacun·e connaissait son rôle. Ce travail collaboratif a permis aux élèves de structurer leur projet, de renforcer leur esprit d’équipe et de laisser libre cours à leur imagination.
Séance 3 – le tournage
Lors de la dernière séquence, les élèves ont pris part activement au tournage de leur vidéo. Avant chaque scène, iels ont réalisé des scènes test, répétant plusieurs fois leurs gestes et dialogues pour que chaque situation soit compréhensible et crédible. Ces répétitions leur ont permis de se mettre dans la peau des personnages, alternant les rôles de l’harcelé·e et de l’harceleur·euse, afin de ressentir concrètement les émotions liées à chaque situation. Cette approche a renforcé leur empathie et leur compréhension des mécanismes du harcèlement.
Chaque scène a ensuite été filmée plusieurs fois, permettant aux élèves de s’améliorer, de corriger leurs expressions ou leurs gestes, et de gagner en assurance devant la caméra. Cette étape a également favorisé la coopération et l’écoute au sein du groupe, chacun·e apprenant à soutenir les autres et à respecter le travail collectif.
Une fois le tournage terminé, le montage a été réalisé par l’équipe de KuriOz. Nous avons sélectionné les meilleures prises, assemblé les scènes et ajouté transitions et effets pour que le message des élèves soit clair, cohérent et percutant. Lors de la projection finale, les élèves ont pu découvrir avec fierté le fruit de leur travail : une vidéo forte, authentique et capable de sensibiliser sur le harcèlement scolaire.
À travers l’ensemble de ces actions, les élèves ont développé des compétences sociales et citoyennes essentielles. Ce projet a renforcé leur capacité à comprendre et alerter contre le harcèlement scolaire, contribuant ainsi à la construction d’un climat scolaire plus respectueux et bienveillant.
Manon Tafforeau, volontaire en Service Civique à KuriOz
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