En 2025-2026, le RADSI Nouvelle-Aquitaine (Réseau Associatif pour le Développement et la Solidarité Internationale) a de nouveau sollicité KuriOz pour accompagner des classes dans le cadre du concours d’éloquence « Exp’Ose : Quel monde pour 2030 ? ».
Ce sont donc une classe de la MFR de Chauvigny et une classe du Lycée du Haut Val de Sèvres à St Maixent qui ont été accompagnées. Une première pour ces établissements nouvellement inscrits au concours, et  pour ces élèves pas tous·tes habitué·es à prendre la parole en public.
Tout au long de cette expérience, notre association les soutient dans les différentes étapes de leur préparation : réflexion sur les sujets, écriture des discours, travail de mise en voix et gestion du trac. Ce travail collaboratif est également l’occasion de valoriser leur créativité et leur esprit critique.
Pour cette édition, les élèves ont travaillé autour d’un thème fort : l’immigration. Un sujet complexe parfois sensible qui les amène à débattre, argumenter, construire une parole nuancée.

Des séances sur mesure pour apprivoiser le groupe et le sujet

Pour la première séance nous avons présenté le projet Exp’Ose et débuté avec un brise-glace pour mieux se connaître. Puis nous avons consacré un quart d’heure à l’éloquence et sa définition. À travers des virelangues et des exercices de confiance, les élèves travaillent leur diction et leur aisance à l’oral. Enfin, nous avons abordé les Objectifs de Développement Durable (ODD).

La deuxième séance était centrée sur les inégalités mondiales pour introduire le sujet de l’immigration. Toujours dans une dynamique collective, Nous avons exercé l’éloquence avec des thèmes drôles et originaux. Notre but étant de sensibiliser aux inégalités et aux migrations par des activités interactives. Dans un contexte éducatif, aborder les inégalités mondiales et les migrations peut s’avérer complexe. Pour rendre ces notions concrètes et engageantes, une séance pédagogique interactive a été conçue, mêlant expression orale, jeux de rôle et réflexion collective. Des activités comme le regard silencieux ou l’invention de « faux métiers » permettent de développer la créativité et la prise de parole.

Pour comprendre les inégalités par le jeu, le « jeu des chaises » constitue un moment fort de la séance. Ainsi, les élèves doivent se répartir dans l’espace en fonction de données mondiales (population, richesse, réfugié·es). Cette mise en situation concrète met en évidence les déséquilibres entre les régions du monde. Un temps d’échange suit l’activité, où les élèves sont invité·es à exprimer leurs ressentis et à réfléchir : La répartition leur semblait-elle juste ? Quelles sont les causes des inégalités ? Quelles en sont les conséquences ? Cette phase permet de passer de l’expérience à l’analyse en se mettant dans la peau d’un·e migrant·e.

Le « Pas en avant » propose une immersion dans des parcours de vie variés. Chaque élève incarne un personnage avec une histoire spécifique. À travers une série d’affirmations (accès à l’éducation, sécurité, ressources…), iels avancent ou restent sur place. Progressivement, des écarts se creusent entre les participant·es, ce qui illustre les inégalités sociales, économiques et géographiques. Au débriefing, les élèves prennent conscience des privilèges et des obstacles liés aux situations de vie.

Des séances autour de l’expression orale

La troisième séance se base sur l’enrichissement du vocabulaire et la compréhension. Alors, une activité sur le lexique des migrations (migrant·e, réfugié·e, demandeur·euse d’asile, etc.) permet de clarifier des termes souvent confondus. Les élèves réfléchissent également au rôle des médias dans la perception des migrations, développant ainsi leur esprit critique. Ce qui a permis une réflexion finale collective. La séance se termine par un quiz et un temps de conclusion. Iels sont invité·es à partager ce qu’iels retiennent et à exprimer leurs émotions. Cette étape favorise la prise de recul et l’ancrage des apprentissages.

La quatrième séance c’est : oser ! Oser prendre la parole, parler devant les autres, convaincre, capter l’attention… pas toujours simple. Cet atelier d’éloquence propose justement de se lancer, sans pression, en apprenant à construire un discours court et percutant, tout en s’amusant.
Dès le début, vient la découverte d’un outil puissant : l’anaphore. Répéter un même début de phrase pour donner du rythme, marquer les esprits, faire passer une émotion… Les participant·es s’essaient à l’exercice avec des phrases comme “Je rêve d’un monde où…” ou “Je me souviens…”. Et déjà, les premières étincelles apparaissent.

On passe ensuite à l’observation avec le visionnage d’un discours de finale. L’occasion de repérer ce qui fonctionne : une voix assurée, des arguments solides, une présence qui capte l’attention. Les échanges permettent de mieux comprendre ce qui fait un·e bon·ne orateur·rice… et surtout, donnent souvent envie de faire pareil. Mais rien de tel que la pratique. Place au match ! Deux équipes, un sujet, et un affrontement d’idées. “L’intelligence artificielle est-elle dangereuse ?”, “L’argent fait-il le bonheur ?”… Chacun·e prépare ses arguments avant de les défendre face à l’autre camp. Ça débat, ça réagit, ça improvise parfois, et surtout, ça apprend à structurer sa pensée rapidement.

Enfin, vient le moment de créer son propre discours. En binôme, les participant·es choisissent leur combat du jour : défendre la chocolatine, dire non à la pizza à l’ananas, ou encore plaider pour la protection des océans. Sérieux ou complètement décalé, peu importe : l’essentiel est de s’exprimer, d’oser, et de convaincre en deux minutes chrono ⏱️.
La séance se termine simplement, avec un retour collectif. Chacun·e partage ce qu’iel retient, une technique, une prise de conscience, ou juste le plaisir d’avoir osé parler. Un atelier dynamique, accessible et souvent surprenant, où l’on découvre que l’éloquence, ce n’est pas réservé aux expert·es… mais à toute personne qui accepte d’essayer.

Construire son discours: passer de ses idées à la prise de parole

Après avoir découvert les bases de l’éloquence lors des séances précédentes, cet atelier marque un vrai tournant : il ne s’agit plus seulement de tester, mais de construire. Petit à petit, chacun passe de l’idée au discours structuré, avec un objectif clair en tête : être prêt·e à convaincre.

À la cinquième et la sixième séance, on commence par un retour rapide sur tout le chemin parcouru. Entre Escape Game autour des ODD, débats animés, jeux pour comprendre les migrations ou encore matchs d’arguments, les expériences s’additionnent et prennent enfin tout leur sens. Ce moment permet de reconnecter les apprentissages… et de se rendre compte qu’on a déjà beaucoup de matière.
Puis vient le cœur du travail : poser les bases de son discours. À qui je parle ? Quel angle je choisis ? Qu’est-ce que je veux vraiment dire ? Les élèves prennent le temps de clarifier leur message et d’organiser leurs idées. On ne parle plus “dans le vide” : chaque argument doit servir une intention. On cherche des exemples concrets, des faits, parfois même des anecdotes.

Enfin, le discours commence à prendre forme, doucement mais sûrement. Une fois la structure en place, vient le temps de l’écriture. D’abord l’introduction, ce moment décisif où tout se joue. Il faut capter l’attention, donner envie d’écouter, poser le décor. Trouver la bonne accroche devient presque un défi créatif. Certain·es surprennent, d’autres questionnent, mais tous·tes cherchent à marquer les esprits… La conclusion arrive ensuite comme la touche finale. Qu’est-ce que mon discours apporte ? Pourquoi il compte ? Les élèves sont invité·es à aller plus loin qu’un simple résumé. Il faut ouvrir une réflexion, provoquer une prise de conscience, donner envie d’agir. C’est souvent là que le message prend toute sa force. L’atelier se termine par une phase de finalisation. On ajuste, on enrichit, on cherche des sources pour appuyer ses propos. Certains commencent même à réfléchir à la mise en scène : qui parle, comment, à quel moment ? Les plus motivé·es testent une première version à l’oral et repartent avec des retours pour s’améliorer. Avant de se quitter, chacun·e fait le point : que reste-t-il à peaufiner ? Quelles étapes avant d’être prêt·e ? Une dernière ligne droite s’annonce… avec un objectif désormais bien concret : monter sur scène avec un discours solide et assumé.

Article rédigé par Manon Tafforeau, volontaire en Service Civique à KuriOz

Projet soutenu dans le cadre de notre mission STRECSI (Structure Ressource en Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale) par :

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